Diagnostics obligatoires pour vendre : la liste complète, les validités et les prix

Une pile de rapports de diagnostics immobiliers posée sur un bureau en bois près d'un trousseau de clés, d'une paire de lunettes et d'un stylo, dans la lumière chaude d'une fin d'après-midi

Trois rendez-vous, une liasse de rapports et plusieurs centaines d’euros, avant même la première visite : vendre un logement commence chez le diagnostiqueur. La liste des diagnostics obligatoires pour vendre n’a pourtant rien d’aléatoire : elle dépend de l’âge du bien, de son adresse et de son étiquette énergie, et deux ou trois documents s’ajoutent ou disparaissent selon votre cas. Voici ce que votre dossier doit contenir, combien de temps chaque pièce reste valable, ce que l’ensemble coûte, et ce que vous risquez si une pièce manque. Ces repères sont généraux : votre notaire et l’ADIL de votre département trancheront votre situation précise.

Quels sont les diagnostics obligatoires pour vendre un logement ?

Schéma classant les diagnostics de vente en trois familles : ceux exigés pour presque toute vente comme le diagnostic de performance énergétique, ceux liés à l'âge du logement comme le plomb, l'amiante, l'électricité et le gaz, et ceux liés à l'adresse comme les termites, l'état des risques, le bruit des aéroports et l'assainissement

Jusqu’à une dizaine de documents, réunis dans un dossier de diagnostic technique annexé à la promesse ou à l’acte de vente. Le socle commun est étroit : le diagnostic de performance énergétique concerne presque toutes les ventes, avec une exception méconnue que signale Service-Public, la maison dont la surface de plancher reste sous les 50 m². S’y ajoute l’audit énergétique pour une maison, ou un immeuble entier détenu par un seul propriétaire, classé E, F ou G sur l’étiquette du DPE.

Le reste se déclenche selon le profil du bien. Son âge d’abord : constat de risque d’exposition au plomb pour un logement construit avant le 1er janvier 1949, état d’amiante si le permis de construire date d’avant le 1er juillet 1997, état des installations intérieures d’électricité et de gaz dès que chacune dépasse quinze ans. Son adresse ensuite : état relatif aux termites dans les zones déclarées par arrêté préfectoral, état des risques dans les périmètres exposés aux risques naturels, miniers, technologiques, sismiques ou au radon, diagnostic bruit près des aéroports, et contrôle de l’assainissement pour une installation autonome, ou collective sur certains territoires.

Deux pièces récentes complètent le tableau, souvent oubliées. Le carnet d’information du logement se transmet à l’acquéreur pour tout bien dont le permis ou la déclaration de travaux a été déposé à partir du 1er janvier 2023, ou rénové depuis cette date avec un effet sur sa performance énergétique. Et si le bien se trouve dans une zone à mérule identifiée par arrêté, l’acte doit le mentionner. En copropriété enfin, la surface privative dite loi Carrez figure dans la promesse : ce n’est pas un diagnostic du dossier technique, mais un mesurage que la plupart des vendeurs confient au même professionnel.

Combien de temps chaque diagnostic reste-t-il valable ?

De six mois à l’illimité, et c’est toute la stratégie du calendrier. Les durées ci-dessous croisent les fiches de Service-Public et le mémo de l’Institut national de la consommation ; elles s’apprécient au moment de la signature, pas au moment où vous confiez le mandat.

DocumentDurée de validité
Diagnostic de performance énergétique10 ans
Audit énergétique5 ans
Plomb1 an si présence de plomb, illimitée sinon
AmianteIllimitée si réalisé depuis 2013 et négatif
Électricité3 ans
Gaz3 ans
Termites6 mois
État des risques6 mois
Assainissement non collectif3 ans
Mesurage loi CarrezIllimitée tant que la surface ne change pas

Deux pièges se cachent dans ce tableau. Un DPE réalisé avant le 1er juillet 2021 n’est plus valable, quelle que soit la date affichée sur le rapport : l’ancienne méthode a été retirée par paliers, le dernier au 1er janvier 2025, et un vieux rapport impose d’en refaire un avant l’annonce. Et un état d’amiante antérieur à 2013 doit être refait même s’il était négatif, la réglementation du repérage ayant changé en 2013. À l’inverse, inutile de précipiter termites et état des risques : leurs six mois de validité se consomment vite quand une vente traîne, mieux vaut les commander en dernier.

Combien coûtent les diagnostics, et qui les paie ?

C’est le vendeur qui fournit le dossier, donc qui le paie, et les prix sont libres. Aucun barème officiel n’encadre les honoraires des diagnostiqueurs : pour le seul diagnostic de performance énergétique, l’ADEME situe la dépense entre 100 et 250 € selon la taille du logement. Pour un dossier complet de maison ancienne, cumulant plomb, amiante, électricité, gaz et le reste, les cabinets annoncent le plus souvent quelques centaines d’euros en offre groupée : ce sont des ordres de grandeur du marché, pas des données officielles, et l’écart entre deux devis peut être important à prestation égale.

Trois documents échappent au diagnostiqueur, et parfois à la facture. L’état des risques se remplit soi-même, gratuitement, à partir des données officielles du site Géorisques. Le carnet d’information du logement est constitué par le propriétaire au fil des travaux. Le contrôle de l’assainissement autonome relève, lui, du service public d’assainissement de la commune, contre une redevance qu’elle fixe.

Pour tout le reste, un professionnel certifié est obligatoire, et c’est votre meilleure protection. Vérifiez ses certifications sur l’annuaire officiel des diagnostiqueurs avant de signer, demandez deux ou trois devis détaillant les diagnostics réellement exigibles pour votre bien, et méfiez-vous d’un forfait anormalement bas qui rognerait sur le temps passé sur place : un rapport bâclé se retourne contre le vendeur bien plus cher que l’économie réalisée.

Que risquez-vous si un diagnostic manque ou est faux ?

De rester responsable de ce que vous pensiez avoir vendu en l’état. La règle, rappelée par l’Institut national de la consommation, tient en une phrase : sans diagnostic en cours de validité, le vendeur ne peut pas s’exonérer de la garantie des vices cachés sur le point concerné. Concrètement, un acquéreur qui découvre une installation de gaz dangereuse ou des termites peut réclamer une réduction du prix, des dommages et intérêts, voire l’annulation de la vente selon les cas.

Le diagnostic de performance énergétique obéit à un régime encore plus strict : il est opposable, et un acheteur lésé par une étiquette trop flatteuse dispose de recours, décrits dans notre guide pour contester un DPE erroné, la responsabilité du diagnostiqueur pouvant aussi être engagée. En copropriété, la surface a son propre garde-fou : si la superficie réelle est inférieure de plus de 5 % à celle de l’acte, l’acquéreur peut exiger, dans l’année, une diminution du prix proportionnelle aux mètres carrés manquants.

L’audit énergétique change-t-il la vente d’une passoire ?

Oui, plus qu’aucun autre document du dossier. Pour une maison ou un immeuble en monopropriété classé E, F ou G, l’audit énergétique réglementaire doit être remis dès la première visite : l’acheteur ne découvre pas seulement une étiquette, il reçoit des scénarios de travaux chiffrés, avec un ordre de grandeur de coût et le gain de classes attendu. La différence entre ce document et le simple diagnostic est détaillée dans notre comparatif DPE ou audit énergétique.

Ce chiffrage change la négociation. Les acheteurs s’en servent pour argumenter une baisse de prix à hauteur des travaux listés, parfois au-delà, et les biens mal classés se décotent nettement sur le marché. Avant de subir cette mécanique, posez l’arbitrage complet : notre guide vendre ou rénover sa passoire met en regard la décote acceptée d’un côté, le coût réel du chantier et la valeur retrouvée de l’autre.

L’audit a enfin une vertu cachée pour le vendeur lui-même. Établi par un professionnel qualifié et valable cinq ans, il constitue un plan de travaux prêt à l’emploi : celui qui choisit de rénover avant de vendre sait par quoi commencer, pour quel budget approximatif, et quelle étiquette viser pour sortir son bien de la catégorie des passoires.

Vendre en l’état ou rénover d’abord ?

La liasse de diagnostics répond en partie à la question. Un dossier propre, sans plomb accessible, sans installation dangereuse et avec une étiquette correcte, sécurise la vente et son prix. Un dossier chargé, lui, se paie deux fois : en décote réclamée par l’acheteur, puis en négociation qui s’enlise faute d’accord sur le prix. Quand l’audit chiffre des travaux qui rendraient le bien nettement plus vendable, les réaliser avant la mise en vente peut rapporter davantage que leur coût, une fois les aides déduites.

Reste à financer ce chantier à un moment où votre argent est souvent immobilisé dans le bien lui-même. C’est une configuration que VesTY connaît bien : VesTY finance le reste à charge des travaux sans dette ni mensualité, en échange d’une part de la valeur future du logement récupérée à la sortie devant notaire, vous restez propriétaire majoritaire et VesTY demeure copropriétaire minoritaire et silencieux. La contrepartie est réelle, une fraction de la valeur cédée le jour de la vente, à comparer au gain espéré sur le prix : découvrez comment financer avec VesTY les travaux que vos diagnostics révèlent, sans mensualité d’ici la vente.

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Questions fréquentes

  • Peut-on signer un compromis sans avoir tous les diagnostics ? En pratique, non, et ce serait contre votre intérêt. Le dossier de diagnostic technique doit être annexé à la promesse de vente ou, à défaut, à l’acte authentique, et le notaire réclame les pièces avant de faire signer. Un document manquant à la promesse expose le vendeur : l’acquéreur conserve la garantie des vices cachés sur le point non diagnostiqué, et peut s’en prévaloir des années après la vente. Le diagnostic de performance énergétique, lui, est exigé encore plus tôt, puisque son classement doit figurer dans l’annonce immobilière. Le bon réflexe consiste donc à commander les diagnostics avant la mise en vente, quitte à garder pour la fin ceux dont la validité ne court que six mois, termites et état des risques.

  • Le vendeur peut-il établir lui-même certains documents ? Oui, trois pièces ne passent pas par un diagnostiqueur. L’état des risques se remplit gratuitement à partir des informations du site public Géorisques, qui recense pour chaque adresse les risques naturels, miniers, technologiques, la sismicité et le potentiel radon ; c’est d’ailleurs le vendeur qui en répond. Le carnet d’information du logement, exigible pour les biens construits ou rénovés depuis 2023, est constitué par le propriétaire, qui y range plans, notices et attestations de travaux. Le contrôle de l’assainissement non collectif relève, lui, du service d’assainissement de la commune, qui délivre son rapport contre une redevance. Tout le reste, du plomb au gaz en passant par le DPE, exige un professionnel certifié, vérifiable sur l’annuaire officiel.

  • Un DPE réalisé avant juillet 2021 est-il encore valable ? Non, plus aucun. La méthode de calcul a été refondue au 1er juillet 2021, et les rapports établis selon l’ancienne formule ont perdu leur validité par paliers : fin 2022 pour les diagnostics de 2013 à 2017, fin 2024 pour ceux de 2018 à juin 2021. Depuis le 1er janvier 2025, seul un DPE nouvelle méthode fait foi, même si le rapport papier affiche une échéance à dix ans. Vendre avec un vieux rapport revient donc à vendre sans DPE, avec les risques attachés, et l’annonce ne peut pas afficher de classement fiable. Si votre diagnostic date d’avant l’été 2021, refaites-le avant la mise en vente ; s’il révèle une étiquette E, F ou G sur une maison, un audit énergétique s’ajoutera.

  • Les diagnostics sont-ils les mêmes pour vendre et pour louer ? Non, la liste de la vente est plus longue. La location exige un dossier de diagnostic technique plus resserré, notamment le DPE, le plomb pour les logements d’avant 1949, l’électricité et le gaz au-delà de quinze ans d’installation et l’état des risques, remis au locataire avec le bail. La vente y ajoute l’amiante, les termites en zone concernée, le contrôle d’assainissement, le diagnostic bruit près des aéroports, le mesurage loi Carrez en copropriété et, pour les maisons mal classées, l’audit énergétique. Les durées de validité diffèrent aussi pour certains documents : l’état d’électricité vaut par exemple trois ans pour une vente mais six ans pour une location. Un propriétaire qui loue avant de vendre ne peut donc pas toujours recycler son dossier tel quel.

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Sources